« Ça augure mal pour l’avenir » : des experts exigent la révision de la réforme forestière
Quatre experts de la foresterie demandent à la ministre des Ressources naturelles et des Forêts de revoir le projet de réforme du régime forestier. Dans sa forme actuelle, le projet de loi 97 fait fi de la science quant à l’adaptation naturelle des forêts aux changements climatiques, selon eux. Le professeur émérite à l’UQAT et à l’UQAM Yves Bergeron, le professeur associé à l’UQAM Alain Leduc, le professeur titulaire à l’UQAM Pierre Drapeau et l’ingénieur forestier indépendant Jean-Pierre Jetté ont signé une lettre allant dans ce sens publiée dans Le Devoir lundi matin. Le projet de réforme du régime forestier, déposé le 23 avril, propose de délimiter le territoire forestier en trois zones, ou L’exploitation forestière serait intensifiée dans les zones d’aménagement forestier prioritaire afin de relâcher la pression sur les autres zones, explique l’ingénieur indépendant, Jean-Pierre Jetté, en entrevue au Téléjournal Saguenay–Lac-Saint-Jean. Selon les quatre cosignataires, la stratégie de Québec occulte les mécanismes naturels d’adaptation de la forêt. Pourtant, l’un des principaux outils d’adaptation dont dispose la forêt est la biodiversité, argue Jean-Pierre Jetté. Sans cadre financier adéquat, la sylviculture intensive se limitera à de la récolte intensive, avertit l’ingénieur forestier indépendant Jean-Pierre Jetté. Photo : Radio-Canada Or, il est possible de soutenir ces fonctions naturelles grâce à la sylviculture, mais ce sont des opérations dispendieuses, ajoute l’ingénieur forestier. Selon lui, pour soutenir une sylviculture intensive à l’échelle provinciale, le budget actuel devrait être multiplié par trois ou quatre. À l’heure actuelle, le projet est dénué de cadre financier, estime M. Jetté. Ma crainte, c’est que la sylviculture intensive soit tout simplement remplacée par la récolte intensive. Et ça, je ne suis pas sûr que c’est bon pour l’avenir des communautés forestières. Jean-Pierre Jetté fait valoir que l’un des principaux outils d’adaptation dont dispose la forêt est la biodiversité. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Camille Vernet En plus d’ignorer les enseignements de la science, le gouvernement caquiste a échoué dans son processus de consultation, estiment les quatre experts. Aucun expert indépendant n’a été invité aux consultations, rappelle Jean-Pierre Jetté. triades
, soit des zones d’aménagement forestier prioritaire, des zones de conservation et des zones multiusages.[La] ministre des Ressources naturelles et des Forêts laisse entendre que sa stratégie d’adaptation de la gestion et de l’aménagement des forêts aux changements climatiques devrait essentiellement passer par une intensification de la sylviculture pour adapter la forêt aux conditions futures, en laissant de côté le rôle que peut jouer la forêt naturelle dans cette adaptation
, écrivent-ils.Les forêts naturelles ont la capacité de s'adapter par elles-mêmes et de s'ajuster en fonction des changements climatiques
, affirme-t-il.
Ça coûte cher, la sylviculture intensive
, commente-t-il.
Un projet dépourvu de dialogue social
Le projet de loi a été mené sans vraiment établir un dialogue social avec les parties prenantes, y compris les experts.
Faire un changement aussi important qu’un régime forestier qui touche le territoire et les gens qui y habitent, si on veut avoir une chance de succès, ça doit reposer sur une certaine adhésion de la population et des parties prenantes
, soutient l’ingénieur forestier.Je pense que ça augure mal pour l'avenir. C’est comme allumer la mèche de la discorde
, fait-il valoir.
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